Jours 15e, 16e & 17e du mois de Junius de l'an deux mil onzième du Seigneur
Cycle de Chroniques
des Epreuves de Fin de Mastère I
C'est avec un certain retard que je reprends ces chroniques. Non pas que ma plume était abîmée ou que mon encrier était vide d'inspiration. Les choses ont fait que mes idées n'étaient point propice à une narration objective des faits. (comme le témoigne le message précédent).
Or donc après la première semaine d'épreuves les organisateurs, dans leur bonté, nous laissèrent quelques jours de répit. Il est à noter que pour l'instant la difficulté rencontrée n'est que peu en rapport avec ce qu'il nous était donné d'attendre (ou d'anticiper). De fait il nous semble même anormal de ne ressentir que si peu de pression et d'appréhension lors de nos rencontres avec nos Meistres.
Le cieux sont moins cléments depuis quelques jours, comme une sombre augure qui présage les choses que je vais rencontrer la semaine prochaine. Que ressort-il de ces dernière rencontres? Des sentiments à la fois optimistes et étranges. Optimistes car ces deux derniers jours ont été particulièrement plaisants à vivre. Une même discipline évaluée sur deux plans radicalement opposés. Ne vous étonnez pas, de nos jours il n'est pas rare d'être surpris sur certaines originalités du corps professoral. Là où la chose est non seulement plaisante mais encourageante c'est qu'il est donné aux étudiants la possibilité de démontrer la maestria acquise sur un sujet donné et non plus par des mots (parfois maladroits) couchés à la plume sur un bout de parchemin.
C'est à la veille du jour du poisson que par groupe de quatre nous passâmes devant le triumvir. L'énoncé lui même a été donné en à peine cinq minutes : concevoir quelque chose d'étonnant autour de la sortie dans des salles de transcendance communes d'un rêve imprimé sur une pellicule d'acétate (en d'autre terme, la sortie d'un blockbuster au cinéma). Il nous était donné le temps de d'une vingtaine de sablier de cuisson d'oeufs à la coque pour réaliser l'exercice (environ une heure). Si une légère appréhension m'habitait sur le fait que le délai était court, nous sommes parvenu à clôturer la campagne de communication dans les temps. Là où résidait la difficulté c'est que le sujet, si inspiré soit-il, risquait (dans une démarche trop osée) de créer des effusions avec les citoyens et surtout la milice urbaine (qui aurait pu se méprendre sur nos intentions). Fort heureusement nous sommes parvenu à éluder ces potentiels écueils et à mettre sur pied quelque chose qui tient, ma foi, fort bien la route.
Après un passage de lune d'un horizon à l'autre, nous retournâmes dans les locaux du Savoir pour nous pencher sur une autre facette de cette même discipline qu'est "Nouveaux Médias". Cette fois point pour tracer de sinueux lettrages mais bien noircir de petits polygones pour seule réponse. La difficulté de cette épreuves m'a semblé bien mesurée (voire en deça de ce que je pensais), mais soit, une bonne chose de faite.
Je reviens à présent sur ce qui s'est passé mercredi. Jour particulier où j'ai traversé une plaine de solitude devant le Meistre de Philosophie.
Connaissez-vous la différence entre un maçon et un philosophe? Le second démoli avec sa tête ce que le premier tente en vain de construire. Si l'image peut sembler quelque peu barbare c'est le sentiment que j'ai vis-à-vis de cette discipline aux demeurants sympathiques.
A mon sens la philosophie n'est pas un savoir en tant que tel mais une perspective, une paire de binocles que l'on peut chausser pour percevoir ce qui nous entoure et entamer une réflexion sur à peu près tous les sujets possible. Et c'est le rouge au visage que j'avoue avoir été déstabilisé par cet individu qui m'a questionné de façon à orienter ma pensée dans une direction qui non seulement n'était pas envisagée à l'origine mais de plus, que je n'étais pas enclin à suivre. Il est à noté pourtant que la fin de l'examen a été une discussion dans laquelle j'étais plus à l'aise (et qui malheureusement n'était point évaluée). Si le temps moyen de l'épreuve était inférieur au quart d'une heure, je ne suis sorti que presque trois fois cette durée écoulée. Je parlais de sentiment étrange plus haut et c'est exactement le cas pour cette rencontre (car il s'agit réellement de rencontre tant la personnalité de mon interlocuteur semble complexe). Etrange parce que après tant d'année passée dans ce bastion de savoir, tant de rencontre avec divers Meistres, c'est le premier qui parvient à mettre le doigt sur une part de moi que je tente de dissimuler sous une lourde armure. Et je ne l'ai rencontré en tête à tête que quarante minutes. Troublant.
Excellent week-end à tous et bonne préparation pour ceux qui comme moi finalise leur session la semaine prochaine (avec les deux seules épreuves méritant le nom d'Examen)
